Cool Beautiful Kitchen images

By | August 30, 2018

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IMG_2798D THE UGLY IN ANCIENT ART AND CONTEMPORARY ART
beautiful kitchen
Image by jean louis mazieres
Camilla Adami 1935 Milan
Vertigo 3 1992.
Nantes Musée d’Arts.

LE LAID DANS L’ART ANCIEN ET DANS L’ART CONTEMPORAIN

Chaïm Soutine (1834-1943) et Egon Schiele (1890-1918) sont des artistes qui appartiennent à l’Art Moderne. Mais dans certaines de leurs oeuvres ils annoncent tous deux la promotion du Laid qui caractérise l’ Art Contemporain officiel qui s’impose en Occident à partir des années 1950.
Dans l’Art Ancien, "les Beaux Arts", le Beau est le but à atteindre par le peintre ou le sculpteur.
Il faut laisser de côté les définitions abstraites. Les philosophes n’ont jamais réussi à donner une définition satisfaisante et incontestable du Beau. Laissons à Platon son Idée d’un Beau transcendant impossible à atteindre. Restons à un niveau plus trivial, celui de la beauté remarquable, concrète : il n’y a absolument aucune discussion sérieuse quant à l’existence du Beau, d’une sensation commune, une émotion poétique, partagée par des millions d’hommes, depuis l’Art Paléolithique, l’Art Egyptien jusqu’à l’Art Moderne, depuis la Chine jusqu’à l’Europe et l’Amérique. Le Beau ne se définit pas, il se ressent individuellement et collectivement. Individuellement ressenti le beau est seulement subjectif, il n’a d’importance que pour une personne, collectivement ressenti, partagé par les élites et les populations il s’objective. Il devient une réalité à l’échelle d’une collectivité plus ou moins large et même jusqu’à la Terre entière. Le Beau est tout simplement un fait vérifié par l’expérience de milliers de générations d’humains sur l’ensemble de la Terre.

Dans les Beaux Arts, le Laid avait cependant sa place, son rôle à jouer, ainsi qu’on le voit chez des peintres comme Jérôme Bosch (1450-1516), Matthias Grünewald (1475-1528), Jan Mandyn (1500-1560), Pieter Bruegel I (1525-1569), Jacques Callot 1592-1635), Adriaen Brouwer (1605-1638) et plus tard chez Francisco de Goya (1746-1828) ou Otto Dix (1891-1969). Sans prétendre être exhaustif.
Le Laid est alors le moyen d’exprimer le tragique de la vie humaine, les hideurs, le mal dont l’humanité est la fois responsable et victime. Le laid sert à montrer, dénoncer, les vices qui inspirent les hommes, les infirmités ou les maladies qui les font souffrir, la mort qui est leur lot commun, les souffrances d’un portement de croix ou d’une crucifixion, les affres de l’Enfer, les malheurs de la guerre et de ses suites, le tragique de la pauvreté et des famines….Le laid n’est pas un but de l’artiste il est seulement un moyen de rendre compte de réalités objectives, existant en dehors de la personnalité de l’artiste.

Chez des artistes comme Chaïm Soutine et Egon Schiele on voit poindre, non pas systématiquement, mais occasionnellement, à titre de choix personnel, une nouvelle utilisation du Laid qui n’est plus seulement justifiée par la dénonciation du Mal et la représentation des difficultés de la vie. L’artiste tend à peindre la laideur pour elle même. L’expression du laid chez les êtres humains ou animaux, au physique comme au moral, perd beaucoup des intentions didactiques, critiques ou polémiques qui étaient celles des artistes anciens. Le choix du laid est plus l’expression d’une fascination individuelle pour le laid, on pourrait même dire pour les "beautés" du laid. Mais à l’époque de Chaïm Soutine et Egon Schiele, l’époque de l’Art Moderne (1830-1950), le Laid n’est encore qu’ moyen qui s’offre à un artiste peintre, une possibilité, parmi d’autres, d’exprimer ses tendances personnelles.
Chez ces deux artistes, et particulièrement chez Egon Schiele, dans ses auto-portraits et ses figures de femme, le laid est clairement une forme de thérapie, l’expression de ses tensions psychologiques internes et sans doute une manière de les évacuer. Ce n’est plus la même utilisation du laid que Pieter Bruegel, Adrien Brouwer, Jacques Callot ou d’Otto Dix, qui ne cherchaient aucunement à évacuer des problèmes personnels, mais seulement à rendre compte de situations objectives : infirmités, maladies, pauvreté, alcoolisme, tabagisme des paysans, prostitution, horreurs de la guerre et des crises économiques.
Chez Soutine ou Schiele le Laid reste un mode d’expression, il n’est toujours qu’un moyen, mais dont la finalité tourne bien plus autour de leurs problèmes personnels que de la dénonciation des maux de la société en général. D’autre part chez ces artistes, comme chez leurs anciens, le laid est utilisé avec sincérité. La sincérité de leur art n’est pas plus contestable que chez leurs aînés, car le laid chez eux n’est pas un système, seulement une opportunité parmi d’autres.

C’est seulement avec l’Art Contemporain officiel, à partir des Années 1950, que le Laid cesse d’être un simple moyen, occasionnel, utilisé soit pour dénoncer les maux de la société (Bruegel) ou d’une situation comme la crucifixion (Grünewald) soit pour évacuer des tensions psychologiques personnelles (Schiele) mais devient une finalité, un concept constitutif, un but de l’art. A partir de la Fontaine-Urinoir de Marcel Duchamp le laid est promu à la dignité de concept créateur, d’ idée fondatrice inséparable du nouvel art Conceptuel, à égalité avec quelques autres : le Nouveau, l’Absurde et la Provocation,. L’Art Contemporain officiel met alors en place un système Anti- Beau, une idéologie qui récuse le Beau, comme inutile, périmé, amoral, bourgeois, fasciste, raciste etc… L’Art Contemporain officiel fait du Laid le premier commandement d’un nouveau Décalogue applicable aux artistes.
Les états d’âme de l’artiste n’ont plus de réelle importance. Il n’est pas besoin d’être torturé par quelque névrose pour être artiste contemporain. Il vaut mieux pas, même. Il n’est nul besoin de sincérité. Il faut se conformer au Décalogue, c’est tout. Il faut prendre, froidement, avec détermination, un balai brosse, une serpillière, un cintre, des vêtements, des chiffons, des lunettes, des chaussures, des briques entières ou pilées, des sacs de ciment, des poutrelles, des barbelés, des galets, des échelles, des brocs à eau, des cordes, des lits, des chaises, des tables, des tabourets, un vieux téléphone, une machine à écrire, des machines à laver, un évier, des bouts de plastique colorés… et proclamer haut et fort, avec une grande assurance, le plus de culot possible même, que c’est de l’art.
C’est alors que le Discours sur l’art intervient, car il est absolument indispensable à la réussite artistique contemporaine: il faut en effet faire croire que cette démarche de promotion systématique d’ objets totalement insignifiants ou absolument laids a une signification profonde. Il faut justifier que ces objets passent du quotidien banal, de nos cuisines ou de nos chambres à coucher, au statut d’oeuvres d’arts dans un musée d’art contemporain. Par le discours il faut alors promouvoir ces ustensiles, les tirer du néant, en faire les symboles ou les anti-symboles de tout ce que l’on voudra : de la révolution, de l’égalité, de la fraternité, de la paix entre les hommes, de la dénonciation de toutes les atteintes aux libertés, de l’intelligence conceptuelle, d’une nouvelle spiritualité, du matérialisme, du passéisme, de la modernité, du racisme et de l’anti-racisme etc.
Se conformer impérativement aux concepts du Nouveau, du Laid et de l’Absurde, et savoir tenir un discours, le plus compliqué possible, à propos de "son art" sont les conditions nécessaires pour être artiste contemporain. Il ne faut donc pas sous estimer la difficulté. Il n’est pas facile de créer le plus de laid et d’absurde possible et d’en faire la promotion dans un discours qui conserve les apparences d’une signification. La sincérité n’est pas utile, mais un grand sens des opportunités et de la réussite sociale certainement. Ce système d’Art doit être présenté comme un progrès, une avancée conceptuelle (d’où une de ses appellations favorites), un élargissement des habitudes du regard, un approfondissement des émotions, une avancée fulgurante de l’intelligence évolutive, une percée démocratique bien sûr, une promotion du spectateur, un effacement du moi de l’artiste ou au contraire une descente dans les profondeurs de son inconscient, une discipline ou une libération du geste (comme on préfère), une austérité morale, une rigueur intellectuelle. Ce Système doit être qualifié de Vérité absolument et définitivement meilleure. Il doit s’imposer comme une religion nouvelle, et récuser tout ce qui n’est pas conforme à son catéchisme.
Plus c’est laid, plus c’est absurde et plus c’est de l’art contemporain. Et bien sûr plus cela entraîne la reconnaissance publique, les honneurs des musées spécialisés, les décorations, et aussi plus c’est cher, et donc plus cela rapporte. Un grand nombre d’artistes ont parfaitement compris le nouveau système, et ce sont pliés à ses dogmes académiques pour réussir leur vie professionnelle et financière. Raphaël ou Rubens auraient sans doute agi de même, mais à leur époque les élites idéologiques et politiques n’avaient pas cette exigence du Laid, mais celle contraire, du Beau.
Le poisson pourrit par la tête.

THE UGLY IN ANCIENT ART AND CONTEMPORARY ART

Chaim Soutine (1834-1943) and Egon Schiele (1890-1918) are artists who belong to Modern Art. But in some of their works they both announce the promotion of the Ugly which characterizes the Official Contemporary Art that imposes itself in the West from the 1950s.
In Ancient Art, the "Fine Arts", the Beautiful is the goal to reach by the painter or the sculptor.
We must leave aside the abstract definitions. Philosophers have never succeeded in giving a satisfactory and indisputable definition of the beautiful. Let us leave Plato his idea of a beautiful transcendent impossible to reach. Let us remain on a more trivial level, that of remarkable, concrete beauty: there is absolutely no serious discussion about the existence of the beautiful, of a common sensation, a poetic emotion, shared by millions of men, from Paleolithic Art, Egyptian Art to Modern Art, from China to Europe and America. The Beautiful does not define itself, it is felt individually and collectively. Individually felt the beautiful is only subjective, it only matters for a person, collectively felt, shared by the elites and the people he is objectively. The Beautiful becomes a reality at the scale of a community more or less wide and even to the whole earth. The Beautiful is simply a fact verified by the experience of thousands of generations of humans on the whole Earth.

In the Fine Arts, the Ugly however had its place, its role to play, as seen in painters like Hieronymus Bosch (1450-1516), Matthias Grünewald (1475-1528), Jan Mandyn (1500-1560) , Pieter Bruegel I (1525-1569), Jacques Callot 1592-1635), Adriaen Brouwer (1605-1638) and later at Francisco de Goya (1746-1828) or Otto Dix (1891-1969). Without pretending to be exhaustive.
The Laid is then the means to express the tragedy of human life, the horrors, the evil of which humanity is both responsible and victim. The ugly is used to show, denounce, the vices that inspire men, the infirmities or diseases that make them suffer, the death that is their common lot, the suffering of a carrying the cross, or a crucifixion, the throes of Hell, the misfortunes of war and its aftermath, the tragedy of poverty and famines. The ugly is not a goal of the artist it is only a way to account for objective realities, existing outside the personality of the artist.

With artists such as Chaim Soutine and Egon Schiele, a new use of the Laid is emerging, not systematically, but occasionally, as a personal choice, which is no longer justified only by the denunciation of Evil and the representation of the difficulties of the life in general. The artist tends to paint ugliness for herself. The expression of the ugly in human beings or animals, in the physical as in the moral, loses many of the didactic, critical or polemical intentions which were those of the old artists. The choice of the ugly is more the expression of an individual fascination for the ugly, one could even say for the "beauties" of the ugly. But at the time of Chaim Soutine and Egon Schiele, the time of Modern Art (1830-1950), the Laid is still only means that offers itself to a painter, a possibility, among others, to express one’s personal tendencies.
With these two artists, and particularly with Egon Schiele, in her self-portraits and woman figures, the ugly is clearly a form of therapy, the expression of her internal pyschological tensions and probably a way of evacuating them. This is no longer the same use of ugly as Pieter Bruegel, Adrien Brouwer, Jacques Callot or Otto Dix, who did not try to evacuate personal problems, but only to report on objective situations: disabilities, diseases, poverty, alcoholism, peasants smoking, prostitution, horrors of war and economic crises. With Soutine or Schiele the ugly remains a mode of expression, it is still only a means, but whose purpose turns more around their personal problems than the denunciation of the ills of society in general. On the other hand among these artists, as with their elders, the ugly is used with sincerity. The sincerity of their art is no more questionable than among their elders, because the ugly for them is not a system, only an opportunity among others.

It is only with the Official Contemporary Art, from the 1950s, that the Ugly ceases to be a mere means, occasionnal, used either to denounce the evils of society (Bruegel), or a situation, like the crucifixion (Grünewald), either to evacuate personal psychological tensions (Schiele) but becomes an end, a constitutive concept, an aim of art. From the fountain-urinal of Marcel Duchamp the ugly is promoted to the dignity of creative concept, of founding idea inseparable from the new Conceptual art, on a par with some others: the New, the Absurd and the Provocation. Official Contemporary Art then sets up an Anti-Beautiful system, an ideology that rejects the Beautiful, as useless, outdated, amoral, bourgeois, fascist, racist etc … The Official Contemporary Art makes the Laid the first commandment of a new Decalogue applicable to artists.
The moods of the artist no longer have any real importance. There is no need to be tortured by some neurosis to be a contemporary artist. It’s better not even. There is no need for sincerity. You have to comply with the Decalogue, that’s all. You have to take, coldly, with determination, a broom brush, a mop, a hanger, clothes, rags, glasses, shoes, whole or crushed bricks, bags of cement, beams, barbed wire, pebbles , ladders, water jugs, ropes, beds, chairs, tables, stools, an old telephone, a typewriter, washing machines, a sink, colored plastic pieces … and proclaim loudly, with a great assurance, as strongly as possible, that it’s art.
It is then that the Discourse on Art intervenes, because it is absolutely indispensable to the contemporary artistic success: it is necessary indeed to make believe that this step of systematic promotion of totally insignificant or absolutely ugly objects has a deep meaning. It is necessary to justify that these objects pass from ordinary everyday life, from our kitchens or our bedrooms, to the status of works of art in a museum of contemporary art. By the discourse it is then necessary to promote these utensils, to draw them out of nothingness, to make them the symbols or the anti-symbols of all that one will want: of the revolution, of equality, of fraternity, of peace between men, the denunciation of all infringements of liberty, of conceptual intelligence, of a new spirituality, of materialism, of passeism, of modernity, of racism and anti-racism, etc.
To conform imperatively to the concepts of the New, the Ugly and the Absurd, and to know how to hold a speech, the most complicated possible, about "his art" are the conditions necessary to be contemporary artist. So do not underestimate the difficulty. It is not easy to create the most ugly and absurd possible and to promote it in a speech that retains the appearance of meaning. Sincerity is not helpful, but a great sense of opportunity and social success certainly.
This Art system must be presented as a progress, a conceptual breakthrough (hence one of its favorite appellations), a widening of habits of the gaze, a deepening of emotions, a meteoric advance of the evolutionary intelligence, a democratic breakthrough, of course, a promotion of the spectator, an effacement of the artist’s self or, on the contrary, a descent into the depths of his unconscious, a discipline or liberation of the gesture (as we prefer), a moral austerity, a intellectual rigor. This System must be called the Truth definitely better.. He must impose himself as a new religion, and reject all that is not in conformity with his catechism.
The uglier it is, the more absurd it is and the more it is contemporary art. And of course, the more it leads to public recognition, the honors of the specialized museums, the decorations, and also the more expensive it is, and therefore the more it pays. A large number of artists have fully understood the new system, and they obeyed to its academic dogmas to succeed in their professional and financial life. Raphael or Rubens would undoubtedly have done the same, but in their time the ideological and political elites did not have this requirement of the Ugly, but the opposite, of the Beautiful.
The fish rotten by the head.

Cheers, Cincin, Terviseks, Santé, ¡Salud, Prost
beautiful kitchen
Image by Wasfi Akab

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